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Le Musée de l’Empathie ouvre en septembre à Londres

1 septembre 2015
Le Musée de l’Empathie ouvre en septembre à Londres

« Pour comprendre les autres, nous devons marcher dans leurs chaussures » dit littéralement le philosophe et expert du sujet, Roman Krznaric.

En septembre, le philosophe et expert de l’empathie Roman Krznaric lance le Musée de l’Empathie. Ce musée est une première mondiale. Son objectif est d’aider les visiteurs à développer leurs facultés à se mettre à la place de l’autre.

L’empathie, la capacité à comprendre l’autre, a été mise de côté depuis plusieurs décennies, pendant que nous restions centrés sur l’hyper individualisme et le consumérisme pour ne servir que nous même quoi qu’il en coûte aux autres. Krznaric est convaincu que nous devrions déployer l’empathie pour nous sortir du désordre dans lequel nous sommes.

Krznaric, l’un des fondateurs de School of Life avec Alain de Botton, a perdu la foi dans le vieux model de changement de la société par les parties politiques et les lois. «  L’empathie a ce pouvoir incroyable pour changer la société », explique t-il. « Nous devons amener l’empathie au delà des champs psychologiques et pas seulement dans nos relations quotidiennes mais aussi dans la culture ». Il a conseillé Oxfam et les Nations Unies sur l’utilisation de l’empathie comme vecteur de changement social mais c’est également « the next big thing » pour avoir du succès au niveau relationnel et professionnel.

Walking in my shoes

En anglais on utilise «  Walking in my shoes » comme métaphore pour illustrer le principe de se mettre à la place de l’autre. Au Musée de l’Empathie, les visiteurs pourront expérimenter ce principe en entrant dans un magasin de chaussure où on leur proposera de se mettre littéralement « dans les chaussures d’un autre », chaussures qui auront appartenu, par exemple, à un réfugié ou à un vieux banquier estonien. « L’objectif est de créer une explosion d’empathie dans la vie quotidienne » précise Krznaric. Depuis 10 ans, cette exposition internationale est passée a plus de 50 endroits sur le globe, créant à chaque fois de nouvelles expériences innovantes.

Après l’ouverture du Musée de l’Empathie lors du festival London’s Totally Thames, l’exposition traversera le pays, avant de s’installer à Perth, en Australie en 2016. Le musée est déjà online ainsi que la librairie, Empathy Library, remplie de supports digitaux comme des livres ou des vidéos sur le sujet.

Des exemples concrets de réussite 

L’autre principe central de l’empathie est « l’outrospection » qui est à l’opposé du centrage sur soi en excluant les autres. Krznaric parle d’exemples concrets où l’empathie a fait la différence. Parents’ Circle regroupe des familles israéliennes et palestiennes qui ont réussi à se comprendre grâce à une communication utilisant le principe d’empathie : plus d’un million de personne ont maintenant l’opportunité de parler ouvertement de leur perception de l’ennemi.

Roots of Empathy est un projet éducatif dont des expériences pilotes ont été menées dans certaines écoles de Londres et en Ecosse. «  L’école « adopte » un bébé », explique Krznaric, «  Ils passent du temps à penser au bébé – pourquoi elle pleure, que ressent-elle ?- et utilise ensuite ce procédé pour ressentir ce que cela fait d’être un autre enfant dans la cour d’école. Cela développe la coopération, réduit l’intimidation et augmente l’accomplissement général. »

Vous devez penser qu’avec le nombre de connections que nous faisons chaque jour, nous transportons des valises d’empathie et que cela suffit ? Mais en fait nous nous connectons principalement avec des gens qui nous ressemble on et offline, ce qui veut dire qu’avec les milliards de gens qui passent sur internet chaque jour, l’empathie ne se développe pas efficacement.

« Est ce qu’un miracle pourrait arriver en se regardant dans les yeux un instant ? » interroge Henry David Thoreau, philosophe et abolitionniste américain du 19 ème. Krznaric a choisi cette citation comme épitaphe de son livre : Empathy : Why It matters, and How to Get it.

En septembre, à l’ouverture du Musée de l’Empathie, il demandera au public de penser à ces lignes pour la première exposition qui se nomme : « A Mile In My Shoes ».

Pour en savoir plus :

English article in The Independent

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