Communication Management

Sportif professionnel et entrepreneur : même combat ?

8 septembre 2015
Sportif

J’ai assisté hier au soir au débat organisé par Gilles Galleron, fondateur de SportandBiz sur le thème Sport professionnel et entreprenariat : si loin, si proche ! Nous étions accueillis par Isabelle Sthemer au Dojo.

Grâce au network conjugué de Gilles et Isabelle, nous avons eu la chance de rencontrer :

  • Alexandre Woog : escrimeur multi médaillé, sorti de l’incubateur HEC et cofondateur de la marketplace de location entre particuliers e-loue
  • Franck Beria : défenseur du LOSC et propriétaire de complexes de foot à 5, le Five
  • Taïg Khris : Triple champion du monde de roller sur rampe, sportif le plus titré de l’histoire des sports extrêmes et fondateur de OnOff app.
  • Xavier Morcillo : ancien champion de moto cross et fondateur de d’Amexio, société de services spécialisée dans la conduite de projets de gestion de contenus.

Je vous partage quelques extraits de cette soirée

Gilles : On dit souvent que passer à l’entreprenariat constitue un grand saut dans le vide. Comment s’est passé le grand saut pour vous ?

Xavier : Cela s’est fait assez naturellement. Pendant ma carrière je suis tombé malade et je me suis dit qu’il fallait que je prépare ma reconversion. Donc je suis d’abord passé par le salariat, je dirigeais des BU et grâce à cette expérience je me suis senti capable de faire le pas car j’avais envie de voler de mes propres ailes.

Taïg : Moi c’est simple, à chaque fois que je me casse quelque chose, je crée une boîte ! Donc j’ai commencé tôt. Le roller n’est pas un sport très populaire, alors je me suis dis que je devais me mettre en scène, devenir mon propre agent et créer des dispositifs pour faire connaître mon sport et valoriser mon image de façon spectaculaire comme par exemple mon saut de la Tour Eiffel, qui a attiré des sponsors facilement, compte tenu du côté extrême du projet, et de la visibilité. Avec OnOff, c’est la première fois que je monte une boîte dans un domaine que je ne connais pas mais dont j’ai identifié l’énorme potentiel.

 Gilles : Est ce que vous gérez la pression différemment pour une compétition ou avant un meeting ?

Alexandre : En tant que sportif de haut niveau, j’ai l’habitude de gérer le stress depuis toujours donc je sais comment me préparer et travailler sur le niveau de confiance en soi.

Franck : Pour moi le lien entre le sport professionnel et l’entreprenariat c’est la compétitivité. Gérer son trac et son stress cela parle à tout le monde mais c’est vrai que l’on est préparé, en tant que sportif de haut niveau pour aller de l’avant et ne jamais renoncer.

Taïg : Le sport ne nous permet pas de tricher. On a appris à se rapprocher de la perfection et de ne pas tricher par rapport au public. J’ai essayé de reproduire ca dans l’élaboration de mes produits, se rapprocher de l’exceptionnel pour avoir plus de chance de gagner.

Xavier : Je dirai que ce qu’il y a en commun entre les deux, c’est la préparation et l’anticipation. Comme avant une compétition sportive, il s’agit de se renseigner sur la personne que l’on rencontre pour ressortir vainqueur d’un deal dans le business.

 Gilles : Le business est il aussi impitoyable que le sport ?                  

Franck : Il faut savoir analyser l’adversaire ou le collaborateur. Comme comme sur le terrain, il faut savoir se protéger ou anticiper.

Alexandre : J’ai moins d’enjeu en escrime car moins de concurrents. Dans le business, il faut être un requin pour réussir.

Taïg : En sport, la plupart des grands champions ont du respect et une éthique. Dans le business on ne sait jamais. Mais au final, il faut rester positif, ne garder que les bons souvenirs et aller de l’avant.

Xavier : Il n’y avait pas assez d’enjeux financiers dans le moto cross. Dans le business à mon niveau, ce n’est pas la même chose et dés qu’il y a des enjeux financiers on retrouve des requins.

 Gilles : Est ce qu’un champion sur le terrain est forcément un bon entrepreneur ?

Alexandre : En tant qu’athlète, on a un certain mindset : on veut être numéro 1 et on aime l’adrénaline. On a donc toutes les qualités pour réussir. Après c’est ce que l’on en fait qui compte. Moi par exemple, je suis très rapide. Depuis toujours j’ai dû mener de front deux cursus, mes études et mon sport, donc il fallait que je sois plus rapide en intégration et en exécution. J’ai développé cette capacité qui m’est très utile aujourd’hui dans mon parcours d’entrepreneur.

Franck : Champion ou entrepreneur, on doit avoir confiance en soi et croire en ce qu’on fait.

Taïg : Dans certains sports hyper médiatisés, on est tellement encadré que l’on peut devenir un peu fainéant… Est-ce que tout les sportifs ont envie de créer ? Tous n’ont pas cette mentalité.

Xavier : Je suis d’accord avec Taïg, en tant que sportif, on a une notion de travail, de challenge. Mais il faut une fibre d’entrepreneur et tout le monde ne l’a pas.

 Gilles : Avez vous un executive coach?

Alexandre : J’aime bien apprendre par moi même mais j’ai été accompagné grâce à l’incubateur HEC et ca m’a permis d’aller plus vite. Donc oui je considère que c’est important d’être accompagné.

Franck : Je n’ai pas eu cette chance et maintenant je me dis que j’en ai peut être besoin…

Xavier : Mon père était mon coach pendant ma carrière sportive car nous n’avions pas d’encadrement. En business j’ai été seul longtemps et j’ai commencé à connaître un sentiment de solitude donc j’ai trouvé deux soupapes dans deux domaines différents : j’ai un coach sportif et des conseillers financiers. Cet encadrement est aujourd’hui important pour moi.

 Gilles : Sensibilisez vous vos collaborateurs au sport?

Taïg : Je travaille essentiellement avec des geeks donc bon… Le sport, c’est pas trop leur truc. Mais on va s’y mettre, je ne désespère pas !

Xavier : Oui, la boîte participe avec l’achat de tenues pour certains ou on se regroupe pour les 10 km de Paris par exemple. On accompagne également en communiquant en interne sur certains sports ou même des activités artistiques que nos collaborateurs pratiquent.

Franck : Cela se fait naturellement, on organise des matchs entre le staff et les clients, et je demande évidemment au staff de les laisser gagner !…

Alexandre : Oui bien sûr ! On essaie de multiplier les activités car la cohésion d’équipe est essentielle dans l’entreprise. On a besoin de tous grandir pour faire grandir l’entreprise.

 Gilles : Votre notoriété vous a t elle aidé, notamment en terme de financement?

Taïg : J’ai décidé de multiplier les investisseurs pour me sortir de l’emprise des fonds d’investissement. J’ai donc fait appel au carnet d’adresse que j’avais constitué sur de vraies valeurs depuis 20 ans et ils ont répondu présent car ils me font confiance.

Franck : Quand une banque regarde votre patrimoine pour monter une boîte forcément c’est plus facile. Le réseau compte énormément aussi.

Alexandre : Moi, de par ma formation en finance, je me suis orienté naturellement vers des Business Angels qui connaissent le business. La notoriété peut aider mais cela ne veut pas dire qu’on va réussir.

 Gilles : Quel conseil donneriez vous à un sportif qui veut se lancer ?

Alexandre : Un sportif est un passionné. On sait qu’une carrière est courte. La vie aussi donc faut aller jusqu’au bout de ses rêves en gardant la passion.

Franck : Je suis d’accord avec Alexandre il faut garder la passion. C’est de cela dont on a le plus besoin quand tout va mal. Je conseillerai aussi de ne pas aller trop vite. Ce n’est pas parce qu’on est passionné qu’il faut se précipiter.

Taïg : Oui la passion, c’est le moteur, on est dedans, on ne compte plus les heures. Je dirai aussi ne pas penser à ses peurs. Moi, pour cela,  je gère au jour le jour et je suis toujours dans l’action. J’apprends en marchant.

Xavier : Envie, passion et positive attitude. Oser, croire en ce que l’on fait et maintenir sa confiance au quotidien.

Passion, énergie positive, action et entourage : les maîtres mots du succès de ces sportifs qui ont réussi brillamment leur reconversion.

Inspirant !

 

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